Hey les Sextonautes,
Installez-vous confortablement. Aujourd’hui, on aborde un sujet qui pèse lourd. Un sujet qui, en l’espace de quelques secondes, peut transformer une soirée câline sur le canapé en un champ de mines émotionnel.
Vous voyez de quoi je parle. Ce moment suspendu où, entre deux épisodes d’une série, votre partenaire se tourne vers vous avec un regard curieux et lâche la petite bombe :
“Au fait… t’as couché avec combien de personnes avant moi ?”

BAM.
Le silence s’installe. Votre cerveau, lui, vient de lancer toutes les alertes. Une sueur froide perle dans votre dos. C’est plus qu’une question, c’est un test. Un interrogatoire. Une porte qui s’ouvre sur un couloir rempli de jugements potentiels, de comparaisons et de jalousie.
Mentez, et vous vivez dans la peur d’être découvert(e). Dites la vérité, et vous craignez que ce chiffre ne soit jamais oublié, qu’il devienne une arme brandie lors de la prochaine dispute.
Si vous ressentez cette angoisse, respirez. Vous n’êtes pas seul(e). Chez Sextuto, on va désamorcer cette bombe ensemble. Cet article n’est pas là pour vous dire “il faut dire ci” ou “il faut faire ça”. Il est là pour vous donner les clés, pour vous aider à comprendre ce qui se joue vraiment derrière cette question, et pour vous permettre de choisir la réponse qui est la plus juste, la plus saine, et la plus sûre pour vous.
Pourquoi cette question fait-elle si mal ? Décryptage d’un sujet radioactif
Avant de chercher une réponse, il faut comprendre pourquoi cette question est si explosive. Ce n’est pas juste un chiffre. C’est un concentré de nos plus grandes peurs en amour.
- Le miroir de l’insécurité : Ne nous voilons pas la face, 9 fois sur 10, la personne qui pose la question cherche à se rassurer sur sa propre place. “Suis-je assez bien ?”, “Notre histoire est-elle aussi spéciale que les précédentes ?”, “Vais-je être comparé(e) ?”. Votre passé devient le miroir de ses propres insécurités.
- Le poids du double standard : C’est un fait. Un homme avec un “body count” élevé est souvent perçu comme un “étalon”, un “séducteur”. Une femme, elle, risque d’être jugée, étiquetée, dévalorisée. Ce double standard injuste et archaïque met une pression immense sur les femmes, les forçant à naviguer entre l’honnêteté et l’autoprotection.
- La fausse promesse du chiffre : Le plus grand piège, c’est de croire qu’un chiffre peut résumer une vie. Votre histoire, vos amours, vos erreurs, vos moments de plaisir, vos leçons de vie… tout ça ne rentre pas dans une case Excel. Réduire votre parcours à un nombre, c’est comme juger un livre à son nombre de pages : ça n’a aucun sens.
Le Guide des Réponses : 3 Stratégies pour Reprendre le Contrôle
Face à la question, le pouvoir est entre vos mains. Vous avez le droit de choisir comment vous voulez y répondre. Voici trois stratégies, de la plus protectrice à la plus transparente.
Stratégie n°1 : La Frontière Protectrice (Le Refus Ferme mais Pédagogique)
Cette approche est souvent la plus saine et la plus mature. Elle consiste à refuser de donner un chiffre, non pas par secret, mais par sagesse.
- Comment ça se dit ? Avec calme et douceur, en regardant votre partenaire dans les yeux : “C’est une question hyper personnelle, et pour être honnête, je préfère ne pas mettre de chiffre là-dessus. Mon passé ne se résume pas à un nombre, et le plus important pour moi, c’est de ne jamais laisser des fantômes ou des comparaisons s’immiscer entre nous. L’histoire qu’on écrit, elle est unique, et je veux la protéger.”
- Pourquoi c’est puissant ? Vous ne rejetez pas votre partenaire, vous protégez votre couple. Vous montrez que vous avez réfléchi au sujet et que votre priorité est la santé de votre relation. La réaction de votre partenaire à cette réponse est un excellent indicateur : s’il/elle respecte votre choix, c’est un signe de grande maturité. S’il/elle insiste ou se vexe, cela révèle peut-être des insécurités qu’il faudra aborder.
Stratégie n°2 : L’Esquive Élégante (La Réponse Qualitative)
Ici, on ne donne pas de chiffre, mais on répond à la peur qui se cache derrière la question. On désamorce l’insécurité en recentrant tout sur le présent.
- Comment ça se dit ? Avec un sourire confiant et un peu de chaleur : “J’ai vécu. J’ai aimé, j’ai appris, j’ai fait des erreurs. J’ai eu les expériences qu’il me fallait pour savoir très précisément ce que je veux aujourd’hui. Et ce que je veux, c’est toi.”
- Variante : “Mon passé, c’est juste le chemin qui m’a mené(e) jusqu’à toi. Et honnêtement, c’est le seul chapitre qui m’intéresse vraiment maintenant.”
- Pourquoi c’est puissant ? C’est une déclaration d’amour déguisée. C’est incroyablement rassurant. Vous ne laissez aucune place à la comparaison. Vous dites “Tu es l’aboutissement, pas une simple étape”. C’est souvent la réponse la plus efficace pour clore le débat en douceur.
Stratégie n°3 : La Transparence Risquée (L’Honnêteté Chiffrée)
C’est votre droit le plus strict. Mais comprenez bien que c’est une option “à haut risque”. C’est comme faire sortir le génie de la bouteille : une fois le chiffre prononcé, il est impossible de le faire rentrer.
- Quand l’envisager ? Uniquement si vous êtes dans une relation où la confiance est absolue, la communication exceptionnelle et où vous êtes certain(e) de la maturité émotionnelle de votre partenaire. Posez-vous la question : “Si on se dispute violemment dans 6 mois, est-ce que ce chiffre risque de me revenir en pleine figure ?”. Si la réponse est “peut-être”, alors cette option n’est pas pour vous.
- Comment ça se dit ? Sans honte, ni fierté. Donnez le chiffre simplement, et enchaînez immédiatement pour le désamorcer : “Le chiffre est X. Mais ce ne sont que des statistiques qui ne veulent rien dire. Aucune de ces expériences n’est comparable en intensité ou en importance à ce que je suis en train de construire avec toi.”
Et si c’est MOI qui brûle d’envie de poser la question ?
Si vous êtes de l’autre côté, prenez une seconde. Avant de poser la question, demandez-vous honnêtement : “Pourquoi est-ce que je veux savoir ? Quelle est la peur que ce chiffre est censé apaiser ?”. Souvent, ce besoin de savoir cache une peur de ne pas être “assez”.
Plutôt que de demander un chiffre qui ne vous rassurera probablement pas, essayez de formuler votre besoin autrement : “Parfois, j’ai peur de n’être qu’une personne de plus dans ta vie. J’ai besoin que tu me rassures sur le fait que ce qu’on vit est spécial pour toi.” C’est une approche bien plus vulnérable, plus honnête et plus constructive.
Le Chiffre est un Leurre, la Confiance est le Trésor
Le “body count” est un faux débat. Un piège tendu par nos insécurités collectives. Que vous ayez eu un, dix ou cent partenaires, cela ne change rien à qui vous êtes aujourd’hui et à votre capacité à aimer profondément.
Le véritable test n’est pas le nombre. Le véritable test, c’est la façon dont votre couple gère cette conversation. Avec respect ? Avec écoute ? Avec la volonté de protéger l’autre ?
La prochaine fois que la question se présentera, souvenez-vous que vous n’avez pas à vous justifier. Vous avez simplement à être honnête avec vous-même et à choisir la voie qui honore à la fois votre passé et, surtout, votre précieux présent.