Choisir sa contraception est l’une des décisions les plus intimes et complexes de la vie d’une femme. C’est un compromis permanent entre tranquillité d’esprit (“Je ne veux pas de bébé”) et confort de vie (“Je veux me sentir bien”).
Trop souvent, on ressort du cabinet médical avec une ordonnance standard, sans avoir abordé les sujets qui fâchent : la dépression, la sécheresse vaginale, la baisse de désir ou la douleur à la pose.
Aujourd’hui, on arrête les tabous. On va passer au crible chaque méthode médicale disponible sur le marché. Pas de jugement, juste des faits, du vécu et de la transparence.
1. La Pilule : La Reine déchue ?
C’est le réflexe par défaut. Pourtant, “La Pilule” n’existe pas. Il en existe des dizaines, et elles ne se valent pas.

A. La Pilule Combinée (Oestro-progestative)
C’est la plus courante (celle qu’on arrête 7 jours). Elle contient deux hormones qui bloquent l’ovulation et modifient la glaire cervicale.
- La promesse : Une régularité d’horloge. Des règles fausses (hémorragies de privation) qui rassurent. Une peau souvent plus nette.
- Le revers de la médaille (Le Vrai) :
- Le vol de libido : Les œstrogènes de synthèse augmentent une protéine (la SHBG) qui capture votre testostérone. Résultat ? Votre “moteur” sexuel tourne au ralenti. C’est insidieux : ça n’arrive pas en 2 jours, mais au bout de 6 mois, vous réalisez que vous n’avez plus jamais envie.
- La sécheresse : Moins d’envie, moins de lubrification. Les rapports peuvent devenir inconfortables.
- Le risque vasculaire : C’est rare, mais réel (phlébite, embolie), surtout si vous fumez et avez plus de 35 ans.
B. La Micro-Pilule (Progestative pure)
Celle qu’on prend en continu, sans arrêt. Souvent prescrite si vous fumez ou allaitez.
- La promesse : Moins de risques cardiovasculaires.
- Le revers de la médaille : Elle ne bloque pas toujours l’ovulation (elle agit surtout sur la glaire). Les saignements peuvent être anarchiques (spotting). Et surtout, elle est impitoyable sur l’horaire. 3 heures de retard = risque de grossesse. C’est une charge mentale énorme.
2. Le Stérilet (DIU) : La bataille du Cuivre contre les Hormones
Oubliez le terme “stérilet” (qui fait peur, comme “stérile”). Parlons de Dispositif Intra-Utérin (DIU). C’est la méthode la plus clivante.

A. Le DIU au Cuivre (Le “Naturel” Mécanique)
Un petit T en plastique entouré de fil de cuivre. Le cuivre crée une inflammation locale de l’endomètre qui empêche la nidation et inactive les spermatozoïdes.
- Pourquoi on l’adore : C’est la seule méthode médicale sans hormones. Vous gardez votre vrai cycle, vos vraies humeurs, votre vraie libido. Vous ovulez. Vous êtes “vous-même”.
- Pourquoi on le déteste :
- L’effet “Chutes du Niagara” : Soyons honnêtes. Les règles sont souvent beaucoup plus abondantes et plus longues (7 jours au lieu de 4).
- La douleur : Les contractions utérines peuvent être plus violentes pendant les règles.
- La pose : Insérer un objet dans un utérus non préparé peut être très douloureux (malaise vagal). Exigez une prémédication (anti-douleurs) et un médecin doux.
B. Le DIU Hormonal (Mirena, Kyleena, Jaydess)
Il diffuse du lévonorgestrel directement dans l’utérus.
- Pourquoi on l’adore : C’est le confort absolu pour celles qui souffrent de leurs règles. Pour beaucoup, les règles disparaissent totalement (aménorrhée). C’est le “Club des culottes blanches”.
- Pourquoi on le déteste : On vous dira “les hormones restent locales”. C’est faux. Une partie passe dans le sang.
- Effets systémiques : On retrouve les mêmes soucis qu’avec la pilule : acné (parfois sévère), prise de poids, kystes ovariens et humeur dépressive chez les femmes sensibles à la progestérone.
3. L’Implant : Le “Quitte ou Double”
Un petit bâtonnet souple inséré sous la peau du bras (sous anesthésie locale). Il diffuse de la progestérone pendant 3 ans.
- Le gros avantage : Fiabilité imbattable (99,9%). Zéro risque d’oubli. Idéal pour les jeunes femmes ou celles qui ont une vie trépidante.
- Le gros problème (Le “Spotting”) : C’est imprévisible.
- 1/3 des femmes n’ont plus de règles (Le rêve).
- 1/3 ont des cycles normaux.
- 1/3 saignent un peu, tout le temps, n’importe quand. C’est épuisant nerveusement et pour la vie sexuelle.
- Le retrait : Parfois, le retrait est plus compliqué que la pose si l’implant a migré un peu dans les tissus (petite cicatrice possible).
4. L’Anneau Vaginal et le Patch : Les “Faux Amis” de l’oubli
On les présente comme des alternatives à la pilule, mais chimiquement, c’est la même chose (Oestro-progestatifs).
A. L’Anneau (Nuvaring)
Un anneau souple qu’on place au fond du vagin et qu’on garde 3 semaines.
- Le + : On n’y pense qu’une fois par mois. Les hormones passent directement dans le sang via la muqueuse (moins de soucis digestifs).
- Le – : Il faut être à l’aise avec son corps (le mettre/l’enlever). Certains hommes le sentent pendant l’acte (on peut l’enlever 3h max, mais c’est une logistique en plus). Peut causer plus de pertes blanches ou d’irritations locales.
B. Le Patch (Evra)
Un autocollant (style patch anti-tabac) qu’on change chaque semaine.
- Le + : Visuel, on sait qu’on est protégée.
- Le – : Esthétiquement discutable (le carré beige qui grisaille sur les bords avec les peluches de pull). Il peut se décoller à la piscine ou au sauna. Visible par tout le monde l’été.
5. L’Injection Trimestrielle (Le grand oublié)
Une piqûre de progestérone tous les 3 mois.
- Pourquoi on l’évite souvent : C’est une dose massive d’un coup. Si vous ne supportez pas les effets secondaires (prise de poids importante, déprime), vous ne pouvez pas “arrêter”. Vous devez attendre 3 mois que le produit s’élimine. Il est aussi associé à une baisse de la densité osseuse à long terme. À réserver aux cas où aucune autre méthode ne fonctionne.
Bilan : Comment savoir si ma contraception ne me va plus ?
Il est normal de changer de contraception au cours de sa vie. Ce qui vous allait à 18 ans ne vous ira peut-être plus à 30 ans ou après une grossesse.
Voici les “Red Flags” qui doivent vous faire consulter :
- Libido zéro : Vous aimez votre partenaire, mais le sexe vous indiffère totalement depuis des mois.
- Migraines : Des maux de tête récurrents, surtout pendant la semaine d’arrêt de la pilule.
- Tristesse : Vous pleurez pour un rien, vous vous sentez “vide” ou anxieuse sans raison extérieure.
- Douleur : Avoir mal pendant les rapports ou avoir des règles qui vous clouent au lit n’est jamais normal.
Si vous cochez ces cases, il est temps de considérer un changement. Soit vers une autre méthode médicale, soit vers le naturel.

